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samedi 26 janvier 2008

Les kabyles déportés en Nouvelle Calédonie

Découverte en 1774 par le capitaine anglais Cook, la Nouvelle-Calédonie devient territoire français en 1853 et sera érigée en colonie autonome en 1862. Elle représente en 1871 la terre d’exil pour les communards français soulevés contre le régime enplace mais aussi pour les insurgés de la révolte kabyle. Cette dernière à lieu dès 1871, peu après les événements de la commune de Paris. Les principales causes de ce soulèvement sont l’occupation du pays, l’arbitraire mais aussi la misère, la famine et la spoliation des terres par les colons.Dirigée par Mohamed el Moqrani et s’étendant aux trois quarts du pays, l’insurrection s’achève par le procès au tribunal de Constantine des principaux chefs, dont le frère d’El Moqrani « Boumezregue ». La sentence est la déportation à destination de la Nouvelle-Calédonie. Des centaines d’insurgés sont alors exilés dans les bagnes du pays, où ils retrouvent les communards parisiens mais beaucoup périssent bien avant d’atteindre l’île.
[http://www.acb54.com/IMG/jpg/portraitmok.jpg] En 1864 le Cheikh Mohammed El Mokrani (portrait ci-contre) reçoit du général Devaux un blâme en raison de l’aide qu’il avait apportée au cheikh Bouakkaz ben Achour en 1864-1865 et est rétrogradé en 1870 au titre de bachagha ,Haut dignitaire de la hiérarchie administrative. Afin de palier la famine qui s’installe en 1867 et qui touche alors les campagnes, il investit sa fortune personnelle et emprunte de nombreuses sommes a la banque d’Algérie et au juif Mesrine. Mais après le départ du gouverneur général militaire Mac Mahon en 1870 et la prise en main du pouvoir par les autorités civiles, celles-ci refusent d'honorer l'engagement d'El Mokrani, et le plonge ainsi dans une crise financière l'obligeant à hypothéquer ses biens. Par ailleurs il perçoit dans le remplacement du régime militaire par le pouvoir civil un moyen d'asseoir la domination des colons européens sur les Algériens. Ceci, ajouté à la proclamation du décret Crémieux du 24 octobre 1870 qui accorde la citoyenneté française aux juifs et qui fit dire au Cheikh « Je préférerais être sous un sabre qui me trancherait la tête mais jamais sous la houlette d'un juif» renforce son sentiment d'injustice et l’encourage à se révolter . Il lance ainsi le 16 mars 1871 la plus importante insurrection contre la puissance coloniale française.
Les prémices de la première phase de l'insurrection d'El Mokrani, déclenchée après qu'il eut présenté pour la deuxième fois sa démission de son poste de bachaga sont marquées par les insurrections à Ahras par El Kablouti et à Laghouat par Ben Chohra et Bouchoucha. Le déclenchement effectif est marqué par la restitution au ministère de la guerre de son insigne de bachaga et la tenue de plusieurs réunions avec ses hommes et de hauts dirigeants. Le 16 mars, débute son avancée vers la ville de Bordj bou Arréridj à la tête d'une troupe estimée à sept mille cavaliers afin de faire pression sur l’administration coloniale. L’insurrection atteint par la suite Miliana, Cherchell, M’sila, Boussaâda Touggourt, Biskra, Batna et Ain Salah. Cependant plusieurs désaccords naissent au sein de la famille d’El Mokrani. Face a cette situation ce dernier rejoint le cheikh Haddad, chef de la confrérie musulmane soufie Rahmaniyya, qui proclame le djihad contre les colons le 8 avril 1871. 145000 hommes, issus de deux cents cinquante tribus sont mobilisés. Mais malgré les capacités de mobilisation pour le combat les désaccords refont surface particulièrement suite à la mort d’El Mokrani le 05 Mai 1871 au cours de la bataille de Oued Souflat. Ces conflits ont lieu entre Aziz, fils de Cheikh El Haddad, et Boumezrag frère d’ El Mokrani. Le recul de la résistance est également lié au conflit interne aux zaouïas (établissement d’enseignement religieux) de Rahmaniyya. Le 08 octobre 1871 Boumezrag se dirige vers le Sahara. Les Français en prennent connaissance et l’arrêtent le 20 janvier 1872 à Ouargla . Il est envoyé au bagne de Nouvelle Calédonie. le 19 Avril 1873 le Cheikh El Haddad est condamné à cinq ans d’emprisonnement mais meurt dix jours après sa détention.
[http://www.vuici.com/images/carte-nouvelle-caledonie.gif] Nouvelle Calédonie - Nouméa Apres l’arrestation de Boumezrag l’armée française parvient à mettre fin à l’insurrection. C’est alors que les sentences tombent. Le 10 mars 1873, s’ouvre au tribunal de Constantine le procès des chefs de l’insurrection : 149 des 212 accusés sont envoyés en prison et pour 84 le verdict sans appel est la déportation en Nouvelle-Calédonie. Parmi eux on peut citer Aziz Ben Cheikh El Haddad. Par ailleurs les tribus ayant participé à l'insurrection sont obligée de régler des impôts selon l’ampleur de leur contribution au soulèvement : 70 francs pour toute personne ayant attiré l'attention des responsables de l'administration française, 140 francs pour toute personne s’étant mobilisée et 210 francs pour toute personne ayant pris part au combat et déclaré publiquement son opposition à la puissance coloniale. Tous refus de payer est obligatoirement suivis d’une saisie des biens personnels. La politique de déportation en Nouvelle-Calédonie fut par la suite généralisée à la population ayant participé activement à l’insurrection. Au total 200000 insurgés sont alors exilés dans les bagnes du pays, où ils retrouvent les communards parisiens mais beaucoup périssent bien avant d’atteindre l’île. Jean Allemane cite le chiffre de deux tiers morts durant leur détention.
Ces nouveaux arrivants, appelés « les Kabyles du Pacifique », ne reverront jamais leur pays.La traversée dura cinq mois et les déportés étaient enfermés dans des cages en fer. De nombreux détenus mouraient, de maladies tels la phtisie, le scorbut, la gangrène ou d’inanition, ne réclamant aucun soin médical. Le carnet de bord du médecin Major Dubuquois décrit avec précision les conditions de voyage de ces déportés : "Il se sont volontairement laissés mourir", " 1 405 personnes à bord, 320 condamnés dont 39 Kabyles, sur ces derniers il y a 5 décès". Ces derniers se nourrissaient de façon inadéquate, il subissait les rationnements et souffrait d’insalubrité. A l’île des Pins où ils sont détenus les insurgés kabyles côtoient d’autres insurgés, les Communards, auxquels une étroite solidarité les unit.
Bagne de Nouméa Arrivé en Nouvelle-Calédonie les déportés sont placés dans des bagnes ; qui ; mis en place par Napoléon III ; permettront l’apport d’une main d’œuvre gratuite qui peuplera ainsi l’archipel. Les bagnes coloniaux effrayent les forçats désignés à l’exil, arrachés à leur pays et leur famille. Inauguré en 1864, le bagne de Nouvelle-Calédonie est censé accueillir les prisonniers dans de meilleures conditions qu’en Guyane : sans les maladies et les conditions climatiques éprouvantes. Cependant, la colonie se peuple à marche forcée. Une loi est instaurée ; « la loi du doublage » : un prisonnier condamné a moins de huit ans doit doubler son exil en restant le même nombre d’années sur le territoire après sa libération. Au-delà de 8 ans de peine, aucun retour au pays n’est possible.
Certains condamnés connaissent un sort plus cruel que leurs camarades. Les bagnards exécutent presque tous des travaux forcés d’intérêt général ; ils bâtissent eux-mêmes leur prison et les infrastructures nécessaires à la vie en communauté pour l’urbanisation du territoire. A Nouméa, enchaînés les uns aux autres, ils effectuent les travaux de remblaiement du centre ville, l’exploitation de la forêt, l’ouverture des routes, l’assèchement des marécages, port de lourdes charges jusqu’à l’épuisement. Les plus robustes remplissent les « contrats de la chair humaine » : des centaines de forçats sont loués quatre fois moins cher que la main d’œuvre libre pour creuser dans les mines pendant environ 20 ans. Ceux qui sont condamnés à la réclusion à perpétuité n’exécutent pas les travaux forcés et sont parqués dans de minuscules cellules sombres et humides. Les hommes ne sortent pas et n’aperçoivent jamais la lumière du jour. Pour servir les colons libres, le gouverneur Guillain crée la catégorie des « assignés », composée de condamnés à la conduite satisfaisante et autorisés à travailler chez des particuliers comme « garçons de famille » s’adonnant aux tâches ménagères : repassage, lessive et cuisine. D’autres assignés sont affectés à l’administration du bagne.
Les déportés kabyles ont connu exactement le même sort que les communards français, et il y a donc eut entre eux une sorte de complicité. Ses deux catégories de prisonniers étaient entièrement opposées. Elles n’avaient rien de comparable historiquement géographiquement et culturellement parlant, mais elles étaient toutes deux animées d’un sentiment d’injustice et ont combattu l’état français en place et aussi connu la même sentence, l’enferment loin des leurs. C’est ce qui a permis le rapprochement de tous les prisonniers.
Président Gambetta ( portrait ci-contre),En 1879, les communards bénéficient d’une amnistie suite à la lutte menée par de nombreux intellectuels français tels que Victor HUGO, Emile ZOLA… mais cette amnistie exclut les Algériens. En retrouvant leur pays, les communards lancent une sensibilisation de l’opinion française sur le sujet des kabyles déportés à l’exemple de Louise MICHEL ou de Henri ROCHEFORT. Ce dernier d’ailleurs, après s’être évadé en 1874, s’installe à Bruxelles et crée son journal, La Lanterne, qui consacrera beaucoup de temps à la cause des déportés. Ce travail de sensibilisation porte ses fruits. C’est ainsi que sous la pression de la Gauche et des français déportés, le président Gambetta décide l’amnistie pour tous les condamnés. Il est a noté que cela n’a pas empêché que, tacitement, on ne libérera que les communards Parisiens en détournant cette loi mais c’est grâce à ses derniers qu’on libérera les Algériens.
Une fois libérés, les uns rentrent en Algérie mais d'autres restent en Nouvelle-Calédonie. On peut être amené à penser qu'ils n’ont pas choisi de s’installer et qu’ils auraient aimé rentrer eux aussi. A titre d’exemple, l’on tente par tous les moyens de retenir Boumezrag, qui représente toujours une menace et ce dernier serait même entré dans l’armée française pour mener une répression, avec cinquante autre soldats algériens, contre la révolte d’une minorité Calédonienne, les Canaques.Aujourd’hui, il reste encore des traces de la présence de ses kabyles dans le Pacifique. En effet, assez prêt de Nouméa, chef-lieu de la Province Sud, se trouve la « Vallée des arabes » et non loin de la il y a le cimetière des Arabes où sont enterrés les anciens déportés algériens. Les personnes sont enterrées dans le pur rite musulman, tombes orientées vers la Mecque. En plus du cimetière, on retrouve aussi des populations qui s’efforcent de ne pas « oublier » leur culture et leurs traditions. Ils parlent en effet certains mots d’arabe, font parti d’une association de musulmans de la région, ils ont aussi une mosquée et un centre religieux où l’on célèbre toutes les fêtes musulmanes. En pénétrant dans le Nessadiou (vallée des arabes), on a l’impression de se retrouver dans un véritable petit village kabyle.
Centre Islamique de Nessadiou

Ainsi, l’insurrection contre la puissance coloniale française menée par El Mokrani s’étend dans tout le nord du pays. Apres l’arrestation de Boumezrag, l’armée française parvient à mettre fin au soulèvement et condamne les chefs de la résistance. Le verdict mène les chefs et par la suite la population ayant participé à l’insurrection en Nouvelle-Calédonie ; condamnés à l’exil.Environ 200000 insurgés rejoignent les bagnes après une traversée longue et pénible. Tout au long du voyage, les « Kabyles du Pacifique » sont enfermés dans des cages et transportés dans des conditions malaisées: beaucoup meurent de maladie et de faim avant d’atteindre l’île.Arrivés en Nouvelle Calédonie, ils sont placés dans les bagnes. Par ailleurs ils participent au peuplement de l’archipel en fournissant une main d’œuvre importante utilisée pour bâtir les prisons et urbaniser le territoire. Certains assignés peuvent cependant servir les colons libres mais la majorités des détenus restent dans les prisons où ils côtoient les communards parisiens. Ces deux catégories d’insurgés s’unissent par un lien de solidarité renforcé par un même sentiment d’injustice et d’éloignement. Ainsi, l’amnistie dont bénéficient les communards français mènera par la suitela grâce des insurgés Kabyles.

Célia.A, Célia.C, Sara.C, Malik.H
SOURCES :
• Mehdi Lallaoui, Kabyles du Pacifique, 1994, Edition Au nom de la mémoire, Bezons, France
• CDROM Histoire d'Algérie édité par le ministère des Moudjahidines



Expositions universelle et coloniale de 1900 et 1931



Du sable, des dromadaires, des éléphants et d’authentiques tentes sahariennes à Paris… non ce n’est pas le Parc Zoologique de Paris, mais presque. C’est à l’occasion de faramineuses expositions que de tels aménagements ont eu lieu. Les deux plus importantes d’entre elles se sont tenues en 1900 pour l’Exposition Universelle, et 1931 pour l’exposition coloniale.

L’Exposition Universelle est, avec environ 80 000 exposants et plus 50 millions de visiteurs, la plus spectaculaire des deux. Elle se pose en témoin des avancées scientifiques de l’époque et c’est d’ailleurs à cette occasion que certains édifices urbains sont construits, comme le métro de Paris. C’était également le moment de faire un bilan de la colonisation : on pouvait trouver des indigènes ainsi que des dromadaires dans un décor très exotique.
Néanmoins la plus intéressante pour notre travail est bel et bien l’exposition coloniale de 1931 qui a attiré plus de 8 millions de visiteurs. Inauguré le 6 mai 1931 par le président de la république, Gaston Doumergue et l’organisateur Maréchal Lyautey, L’Exposition Coloniale Internationale et des Pays d’Outre-Mer dans le Bois de Vincennes, à l'est de Paris, se prolongea jusqu’au 15 novembre, soit six mois plus tard. Avec un musée de la colonisation, un par zoologique, des reconstitutions de temples ainsi que plusieurs milliers de stands, l’exposition célèbre la réussite coloniale. En effet à l’époque on loué les bienfaits de la colonisation : "La colonisation est un phénomène qui s’impose, car il est dans la nature des choses que les peuples arrivés à son niveau supérieur d’évolution se penchent vers ceux qui sont à son niveau inférieur pour les élever jusqu’à eux.", par Paul Raynaud, ministre des Colonies, le 2 juillet 1931.Néanmoins, pour d’autres ce sont que des lieux de propagandes créés dans le but de cacher la vérité sur le déclin de la colonisation aux français.

A/ Un contexte qui justifie ces expositions :
L’Europe épris de désir de civiliser les peuples dits « inférieur », par ces derniers, se retrouve à la fin du XIXé siècle à la tête d’un grand empire colonial qui s’étend sur tous l’hémisphère sud du globe et l’Amérique du nord. C’est à l’occasion de l’exposition universelle de 1900, que ces pensées pro-coloniales furent exposées aux yeux de millions de visiteurs comme une fierté, aux cotés des premières machines à vapeur ou des découvertes médicales de l’époque. Pour les plus grands colonisateur, comme la France ou L’Angleterre, cette exposition était également l’occasion de justifier toutes les dépendances en ce sens : les milliers de soldats et d’argent envoyés au front pour gagné des terres, tandis ce que le peuple mourrait à la métropole. Bien des années plus tard, après la première guerre mondiale, une exposition, cette fois-ci entièrement consacré aux colonies, est organisée mais pour des raisons bien différentes. Les colonies se sont montrées d’une très grande utilité pour ceux qui les avaient colonisées. En effet, lors de la guerre de 14-18, les pays colonisateurs sont entrés en conflit avec de nets avantages procurés par les colonies, tels que les ressources ou surtout un soutient armée fourni par des soldats indigènes. Ou encore lors la crise de 1929, tandis que les pays non colonisateurs voyaient le chômage augmenter et le peuple "raller "de plus en plus, les pays colonisateurs s’appuyaient sur leurs colonies pour se sortir de ce mauvais pas. C’est donc dans l’optique de faire l’éloge de la colonisation que l’initiateur de cette idée, Maréchal Lyautey, décide de la concrétiser : « Beaucoup pensaient qu’étendre la puissance française dans le monde, c’était la diluer, l’affaiblir, la rendre moins apte à conjurer un péril toujours menaçant. Mais, aux jours tragiques, les colonies vinrent se pla¬cer aux côtés de la Mère patrie et l’union de notre Empire se fit à l’épreuve de la douleur du sang. », déclare-t-il dans son discours inaugural le 6 mai 1931. Néanmoins confronté au refus de bon nombre de pays ou de la maigre participation de certains, comme L’Angleterre et l’Allemagne qui prétextaient la crise de 1929, cette exposition coloniale sensé être universelle finis par devenir majoritairement française. Devenant ainsi l’occasion de marquer apothéose de la IIIé République et réaffirmer la grandeur du français colonisateur, souvent mépriser sur ce domaine par les autres, comme le mentionne Paul Reynaud, ministre des Colonies, dans son livre Le Livre d’or de l’Exposition coloniale internationale de Paris 1931 : « En vain, depuis cent ans, nous avions retrouvé la tradition, remporté des succès magnifiques et ininterrompus : Algérie, Indochine, Tunisie, Madagascar, Afrique occidentale, Congo, Maroc. Malgré tout, le préjugé subsistait : le Français, répétait-on, n’est pas colonial. Il a fallu l’exposition actuelle et son triomphe inouï pour dissiper les nuées. Aujourd’hui la conscience coloniale est en pleine ascension ». Malgré cela, des idées anticoloniales firent leur apparition dés le début du XXé siécle, principalement soutenu par le parti socialiste et la CGTU (Congrés Général du Travail Unitaire), faisant de plus en plus d’adeptes. Face à cela, le gouvernement se doit de répondre, et c’est d’ailleurs l’un des objectifs de l’exposition : justifier le maintient de l’empire coloniale.Par contre, hormis des raisons politiques, ces expositions sont d’excellents lieux pour se cultiver l’esprit tous en voyageant loin. Et c’est d’ailleurs la première raison pour laquelle le public se déplace.











B/ Une organisation titanesque : En effet elles ont toutes les deux un fort succès, même, plus qu’estampé. Néanmoins pour arriver à ce résultat des moyens titanesques furent mis en place pour proposer un contenu attrayant.
l'exposition de 1900 est la plus impressionnante des deux avec plus 50 millions de visiteurs, un records pour l’époque, contenu du niveau de vie et des moyens de transports. Mais aussi 76.000 exposants réparties sur superficie 1,12 km². C’est la troisième exposition universelle se tenant à Paris, après celle de 1855 et 1889, et se déroule du 15 avril au 12 novembre 1900. Au pied de la Tour Eiffel, elle s’étend des Champs Elysées jusqu’au Champs de Mars en couvrant l'esplanade des Invalides, les quais et cela avec plus de 36 entrées. Elle regroupé un grand nombre de monuments artistiques comme la monumental porte de la place de la Concorde, représentant les ouvriers ayant participés au projet, ou encore le Grands Palais édifié par Deglane, Louvet et Thomas et destiné à des représentations d'arts ainsi que le Petit Palais des Beaux-Arts édifié par Charles Girault. Mais ce qui nous intéresse le plus ce sont les stands coloniaux, qui sont très diversifiés. Le panorama « Tour du monde » est le plus expressif avec des reproductions, notamment celle d’un des temples d’Angkor Vat (temples Cambodgiens), ou encore avec un pavillon japonais reprenant l’architecture japonaise. Il y a avait également des pavillons par pays. Cette exposition à également contribuer à l’embellissement de la capitale française, notamment par la construction de la première ligne de métro de Paris, le Métropolitain, que l’on pouvait prendre pour assister aux Jeux Olympiques organisés au même moment. Cet événement a nécessité 2.000.000 de franc d’investissements de la part de l’état français, une somme considérable pour l’époque.





L’Exposition Coloniale Internationale et des Pays d’Outre-Mer est inauguré le 6 mai et se termine le 15 novembre 1931 par Gaston Doumergue, Président de la République dans le Bois de Vincennes, Porte Dorée à Paris. Elle reçoit plus de 8 millions d’habitants et sont vendus au total 33 millions de tickets. On peut s’y instruire grâce aux nombreux musées, comme le Musée permanent des Colonies renseignant sur les arts et cultures des colonies françaises ou encore le Palais des Beaux-Arts. Mais aussi s’y distraire avec les animations journalières qui y sont organisées : comme des défilés d’authentiques cavaliers indigènes ou la reproduction de cérémonies indigènes. Il y a également des reproductions de villages africain est asiatique avec des autochtones déporté ainsi qu’un zoo où l’on pouvait admirer des animaux exotiques. Tous les pays et colonies possèdent son propre pavillon, comme la section algérienne ou le pavillon des Etats-Unis.



C\ Les répercussions de l’exposition coloniale :
Comme les chiffres le prouvent, les deux expositions ont beaucoup attiré, avec 50 millions pour l’une et 8 million pour l’autre. Ainsi la propagande qu’elles diffusent a atteint leurs destinataires qui pour la plupart se dirigent vers les colonies faisant ainsi d’eux des zones touristiques attrayantes. Néanmoins la politique de la gauche républicaine visant à faire du Maghreb et surtout de l’Algérie une colonie de peuplement a échoué puisque en 1936 seuls 14.000 Français étaient répartis dans l’empire colonial français d’Afrique du nord parmi 15 millions d’indigènes.

Avant l’ouverture, les surréalistes distribuaient des tracts intitulés « Ne visitez pas l’Exposition Coloniale », dans le but de prévenir la population des dangers du colonialismes : « Aux discours et aux exécutions capitales, répondez en exigeant l’évacuation immédiate des colonies et la mise en accusation des généraux et des fonctionnaires responsables des massacres d’Annam, du Liban, du Maroc et de l’Afrique centrale. » Il réitère cela lorsqu’un incendie ravage le pavillon des Indes néerlandaises le 27 juin, en distribuant des tracts intitulés « Premier bilan de l’Exposition Coloniale » : « ainsi se complète l’œuvre colonisatrice commencée par le massacre, continué par les conversions, le travail forcé et les maladies ». C’est l’année suivante que la réponse est plus virulente avec l’inauguration le 19 septembre 1931 de la Contre Exposition. Organisé en 3 sections, dans un premier temps elle fait une rétrospective de la colonisation en insistant sur les crimes commis, puis dans une seconde salle elle oppose les idées non coloniale des soviets au procolonialisme républicain, et pour finir elle présente les problèmes culturels soulevé par le colonialisme. Elle n’a pas le succès espérait, mais montre bien que la France est séparée en deux.

Outre, les enjeux politiques que portent ces deux expositions, elles se posent en représentants des pensées et faits coloniaux de la fin du XIXé et le début du XXé siécle.
Youssef et Aziz G
Sources