samedi 26 janvier 2008

Expositions universelle et coloniale de 1900 et 1931



Du sable, des dromadaires, des éléphants et d’authentiques tentes sahariennes à Paris… non ce n’est pas le Parc Zoologique de Paris, mais presque. C’est à l’occasion de faramineuses expositions que de tels aménagements ont eu lieu. Les deux plus importantes d’entre elles se sont tenues en 1900 pour l’Exposition Universelle, et 1931 pour l’exposition coloniale.

L’Exposition Universelle est, avec environ 80 000 exposants et plus 50 millions de visiteurs, la plus spectaculaire des deux. Elle se pose en témoin des avancées scientifiques de l’époque et c’est d’ailleurs à cette occasion que certains édifices urbains sont construits, comme le métro de Paris. C’était également le moment de faire un bilan de la colonisation : on pouvait trouver des indigènes ainsi que des dromadaires dans un décor très exotique.
Néanmoins la plus intéressante pour notre travail est bel et bien l’exposition coloniale de 1931 qui a attiré plus de 8 millions de visiteurs. Inauguré le 6 mai 1931 par le président de la république, Gaston Doumergue et l’organisateur Maréchal Lyautey, L’Exposition Coloniale Internationale et des Pays d’Outre-Mer dans le Bois de Vincennes, à l'est de Paris, se prolongea jusqu’au 15 novembre, soit six mois plus tard. Avec un musée de la colonisation, un par zoologique, des reconstitutions de temples ainsi que plusieurs milliers de stands, l’exposition célèbre la réussite coloniale. En effet à l’époque on loué les bienfaits de la colonisation : "La colonisation est un phénomène qui s’impose, car il est dans la nature des choses que les peuples arrivés à son niveau supérieur d’évolution se penchent vers ceux qui sont à son niveau inférieur pour les élever jusqu’à eux.", par Paul Raynaud, ministre des Colonies, le 2 juillet 1931.Néanmoins, pour d’autres ce sont que des lieux de propagandes créés dans le but de cacher la vérité sur le déclin de la colonisation aux français.

A/ Un contexte qui justifie ces expositions :
L’Europe épris de désir de civiliser les peuples dits « inférieur », par ces derniers, se retrouve à la fin du XIXé siècle à la tête d’un grand empire colonial qui s’étend sur tous l’hémisphère sud du globe et l’Amérique du nord. C’est à l’occasion de l’exposition universelle de 1900, que ces pensées pro-coloniales furent exposées aux yeux de millions de visiteurs comme une fierté, aux cotés des premières machines à vapeur ou des découvertes médicales de l’époque. Pour les plus grands colonisateur, comme la France ou L’Angleterre, cette exposition était également l’occasion de justifier toutes les dépendances en ce sens : les milliers de soldats et d’argent envoyés au front pour gagné des terres, tandis ce que le peuple mourrait à la métropole. Bien des années plus tard, après la première guerre mondiale, une exposition, cette fois-ci entièrement consacré aux colonies, est organisée mais pour des raisons bien différentes. Les colonies se sont montrées d’une très grande utilité pour ceux qui les avaient colonisées. En effet, lors de la guerre de 14-18, les pays colonisateurs sont entrés en conflit avec de nets avantages procurés par les colonies, tels que les ressources ou surtout un soutient armée fourni par des soldats indigènes. Ou encore lors la crise de 1929, tandis que les pays non colonisateurs voyaient le chômage augmenter et le peuple "raller "de plus en plus, les pays colonisateurs s’appuyaient sur leurs colonies pour se sortir de ce mauvais pas. C’est donc dans l’optique de faire l’éloge de la colonisation que l’initiateur de cette idée, Maréchal Lyautey, décide de la concrétiser : « Beaucoup pensaient qu’étendre la puissance française dans le monde, c’était la diluer, l’affaiblir, la rendre moins apte à conjurer un péril toujours menaçant. Mais, aux jours tragiques, les colonies vinrent se pla¬cer aux côtés de la Mère patrie et l’union de notre Empire se fit à l’épreuve de la douleur du sang. », déclare-t-il dans son discours inaugural le 6 mai 1931. Néanmoins confronté au refus de bon nombre de pays ou de la maigre participation de certains, comme L’Angleterre et l’Allemagne qui prétextaient la crise de 1929, cette exposition coloniale sensé être universelle finis par devenir majoritairement française. Devenant ainsi l’occasion de marquer apothéose de la IIIé République et réaffirmer la grandeur du français colonisateur, souvent mépriser sur ce domaine par les autres, comme le mentionne Paul Reynaud, ministre des Colonies, dans son livre Le Livre d’or de l’Exposition coloniale internationale de Paris 1931 : « En vain, depuis cent ans, nous avions retrouvé la tradition, remporté des succès magnifiques et ininterrompus : Algérie, Indochine, Tunisie, Madagascar, Afrique occidentale, Congo, Maroc. Malgré tout, le préjugé subsistait : le Français, répétait-on, n’est pas colonial. Il a fallu l’exposition actuelle et son triomphe inouï pour dissiper les nuées. Aujourd’hui la conscience coloniale est en pleine ascension ». Malgré cela, des idées anticoloniales firent leur apparition dés le début du XXé siécle, principalement soutenu par le parti socialiste et la CGTU (Congrés Général du Travail Unitaire), faisant de plus en plus d’adeptes. Face à cela, le gouvernement se doit de répondre, et c’est d’ailleurs l’un des objectifs de l’exposition : justifier le maintient de l’empire coloniale.Par contre, hormis des raisons politiques, ces expositions sont d’excellents lieux pour se cultiver l’esprit tous en voyageant loin. Et c’est d’ailleurs la première raison pour laquelle le public se déplace.











B/ Une organisation titanesque : En effet elles ont toutes les deux un fort succès, même, plus qu’estampé. Néanmoins pour arriver à ce résultat des moyens titanesques furent mis en place pour proposer un contenu attrayant.
l'exposition de 1900 est la plus impressionnante des deux avec plus 50 millions de visiteurs, un records pour l’époque, contenu du niveau de vie et des moyens de transports. Mais aussi 76.000 exposants réparties sur superficie 1,12 km². C’est la troisième exposition universelle se tenant à Paris, après celle de 1855 et 1889, et se déroule du 15 avril au 12 novembre 1900. Au pied de la Tour Eiffel, elle s’étend des Champs Elysées jusqu’au Champs de Mars en couvrant l'esplanade des Invalides, les quais et cela avec plus de 36 entrées. Elle regroupé un grand nombre de monuments artistiques comme la monumental porte de la place de la Concorde, représentant les ouvriers ayant participés au projet, ou encore le Grands Palais édifié par Deglane, Louvet et Thomas et destiné à des représentations d'arts ainsi que le Petit Palais des Beaux-Arts édifié par Charles Girault. Mais ce qui nous intéresse le plus ce sont les stands coloniaux, qui sont très diversifiés. Le panorama « Tour du monde » est le plus expressif avec des reproductions, notamment celle d’un des temples d’Angkor Vat (temples Cambodgiens), ou encore avec un pavillon japonais reprenant l’architecture japonaise. Il y a avait également des pavillons par pays. Cette exposition à également contribuer à l’embellissement de la capitale française, notamment par la construction de la première ligne de métro de Paris, le Métropolitain, que l’on pouvait prendre pour assister aux Jeux Olympiques organisés au même moment. Cet événement a nécessité 2.000.000 de franc d’investissements de la part de l’état français, une somme considérable pour l’époque.





L’Exposition Coloniale Internationale et des Pays d’Outre-Mer est inauguré le 6 mai et se termine le 15 novembre 1931 par Gaston Doumergue, Président de la République dans le Bois de Vincennes, Porte Dorée à Paris. Elle reçoit plus de 8 millions d’habitants et sont vendus au total 33 millions de tickets. On peut s’y instruire grâce aux nombreux musées, comme le Musée permanent des Colonies renseignant sur les arts et cultures des colonies françaises ou encore le Palais des Beaux-Arts. Mais aussi s’y distraire avec les animations journalières qui y sont organisées : comme des défilés d’authentiques cavaliers indigènes ou la reproduction de cérémonies indigènes. Il y a également des reproductions de villages africain est asiatique avec des autochtones déporté ainsi qu’un zoo où l’on pouvait admirer des animaux exotiques. Tous les pays et colonies possèdent son propre pavillon, comme la section algérienne ou le pavillon des Etats-Unis.



C\ Les répercussions de l’exposition coloniale :
Comme les chiffres le prouvent, les deux expositions ont beaucoup attiré, avec 50 millions pour l’une et 8 million pour l’autre. Ainsi la propagande qu’elles diffusent a atteint leurs destinataires qui pour la plupart se dirigent vers les colonies faisant ainsi d’eux des zones touristiques attrayantes. Néanmoins la politique de la gauche républicaine visant à faire du Maghreb et surtout de l’Algérie une colonie de peuplement a échoué puisque en 1936 seuls 14.000 Français étaient répartis dans l’empire colonial français d’Afrique du nord parmi 15 millions d’indigènes.

Avant l’ouverture, les surréalistes distribuaient des tracts intitulés « Ne visitez pas l’Exposition Coloniale », dans le but de prévenir la population des dangers du colonialismes : « Aux discours et aux exécutions capitales, répondez en exigeant l’évacuation immédiate des colonies et la mise en accusation des généraux et des fonctionnaires responsables des massacres d’Annam, du Liban, du Maroc et de l’Afrique centrale. » Il réitère cela lorsqu’un incendie ravage le pavillon des Indes néerlandaises le 27 juin, en distribuant des tracts intitulés « Premier bilan de l’Exposition Coloniale » : « ainsi se complète l’œuvre colonisatrice commencée par le massacre, continué par les conversions, le travail forcé et les maladies ». C’est l’année suivante que la réponse est plus virulente avec l’inauguration le 19 septembre 1931 de la Contre Exposition. Organisé en 3 sections, dans un premier temps elle fait une rétrospective de la colonisation en insistant sur les crimes commis, puis dans une seconde salle elle oppose les idées non coloniale des soviets au procolonialisme républicain, et pour finir elle présente les problèmes culturels soulevé par le colonialisme. Elle n’a pas le succès espérait, mais montre bien que la France est séparée en deux.

Outre, les enjeux politiques que portent ces deux expositions, elles se posent en représentants des pensées et faits coloniaux de la fin du XIXé et le début du XXé siécle.
Youssef et Aziz G
Sources