samedi 5 avril 2008

Rencontre avec Wassila Tamzali










Wassyla Tamzali, auteure du roman « Une éducation Algérienne » paru aux éditions Gallimard en Septembre 2007, est l’invitée de Mme Carrier professeur d’Histoire, et des élèves des classes de 1S2 et 1S4. L’auteure, issue d'une célèbre famille de notables algériens, qui tiendra une place importante dans la guerre de libération, est née dans une grande ferme coloniale à Bougie. Sa jeunesse ne lui a laissé que des souvenirs de bonheur mais, un drame va tout changer : en 1957, son père est assassiné par une jeune recrue du FLN. Malgré cette perte, qui entrainera le départ de la famille à Alger et la nationalisation des propriétés familiales par le socialisme des années 70, la jeune femme s'enthousiasme pour la construction de « l'Algérie de l’an 1 », dont elle épouse toutes les utopies, avant de sombrer de désillusion en désillusion au fil des pages.
Wassyla Tamzali, a été avocate à Alger pendant dix ans. À partir de 1980, et pendant vingt ans, elle a dirigé le programme sur la condition des femmes de l'Unesco, en France. Retournée vivre à Alger, elle continue de mener de nombreux combats pour l'égalité des femmes, la laïcité, la démocratie ou encore le dialogue méditerranéen.

Qu : Pouvons nous vous qualifier de « féministe » ?

Mme Tamzali répond que « certainement » mais précise que cet adjectif a pris tout son sens pour elle seulement après les révolutions de 1968 en France qui ont affecté le milieu universitaire algérien dont elle faisait partie.
C’est ainsi qu’elle précise la nécessité, à la veille de l’Indépendance, de mettre en place une révolution globale, c'est-à-dire une révolution qui toucherait toutes les couches de la société, et non une « lutte sectaire » qui diviserait la nation algérienne au moment où l’intégralité de celle-ci était indispensable. Cette révolution globale, qui avait pour but d’aboutir à une amélioration de l’égalité entre les hommes et les femmes, constitue la première désillusion de l’auteur et des femmes révolutionnaires, qui, après avoir participé matériellement et énergiquement à la révolution du peuple algérien, ont vu leur mémoire dédaignée dans la Constitution du nouvel Etat. Mme Tamzali insiste de même sur la « nécessité des libertés » sans lesquelles « la joie de vivre n’existe plus dans une nation ». C’est ainsi qu’elle relève le problème des femmes, mais aussi celui du paradoxe de la « supériorité » des « hommes qui en sont aussi victimes même s’ils en bénéficient ».
L’auteur note de même la crise algérienne due au système patriarcal dont les citoyennes sont victimes mais aussi de l’universalité de ce problème à l’échelle mondiale. En France, ou en Europe la discrimination des femmes existe mais « des lois satisfaisantes protègent les femmes », contrairement aux pays arabo-musulmans. Elle constate de plus, ce qu’elle désigne comme la « structure en pyramide des hiérarchies sociales », où l’on trouve de moins en moins de femmes, plus on s’élève dans cette hiérarchie. Ce système de pyramide est répercuté non seulement dans l’économie mais aussi dans les arts en général. On nous renvoi une fois de plus au livre qui, en expliquant l’absence de droits pour les femmes, commente d’une façon générale l’absence de droit des citoyens.
L’auteur replonge dans le passé et nous décrit sa génération : la « génération de l’indépendance », une génération portée par une utopie qui les projetait vers le futur d’une société fraternelle, égalitaire et libre. Elle insiste surtout sur la « différence entre la libération et la liberté » dont on ne peut trouver le sens en feuilletant les feuilles d’un dictionnaire, mais plutôt grâce aux désillusions. « La libération du peuple algérien en 1962 n’a pas abouti à sa liberté », dira Mme Tamzali.
Qu : Est-ce que vous pourriez nous expliquer la place que prend votre famille dans votre ouvrage ?

« J’ai pris le parti de dire « JE » » répondra Mme Wassila. Elle insistera en effet sur la difficulté de dire « je » dans une famille algérienne où « l’honneur oblige le collectif avant l’individualité ». Un problème qui, comme la discrimination des femmes, est universel. En effet, selon ses dires la famille « est le premier lieu de contrainte ». Une contrainte morale mais aussi une contrainte physique, où l’épanouissement sexuel trouve sa première barrière surtout dans les nations toujours ancrées dans les anciennes traditions culturelles. « S’il n’y a pas de « je » il n’y a pas de liberté », remarque l’auteur, qui insiste sur la difficulté mais la nécessité de suivre son propre chemin.
Qu : Vous êtes issus d’une riche famille de notables, mais vous n’étiez pas naturalisé et vous militiez dans les mouvements indépendantistes algériens, pourquoi ce choix ?

Tamzali assure que l’Idée d’Indépendance de l’Algérie était, à l’époque, une idée moderne. En effet, tant que la France occupait l’Algérie, La nation algérienne n’existait pas. C’est ainsi que le nouvel état nait dans l’idée anticolonialiste.
La bourgeoisie, qui commence à occuper les villes, constitue les premiers instruits. Les fils d’instituteurs, les fils de cheminots ou encore les fils de postiers sont les premières catégories à bénéficier de l’éducation française et commencent donc, grâce à cet apport intellectuel, à imaginer le nationalisme. « Si la France avait appliqué le seamatus consul de Napoléon III, L’indépendance aurait été donné à la 1ere Guerre Mondiale et non à la Seconde Guerre Mondiale ». Ces classes étaient nationalistes mais défendaient les acquis que la France leur avait procurés. « L’ensemble de la population algérienne rêvait de revenir à l’identité nationale pour ne pas disparaitre dans la France » et « seul l’accès au savoir permettait de ne pas disparaitre », nous dira Mme Tamzali.


Qu : Votre père a été assassiné par une jeune recrue du FLN (Front Libérateur National Algérien) lorsque vous aviez environ 15ans. Est-ce que vous pourriez nous en dire un peu plus ?
« Cet assassinat n’a pas été commandité par le FLN mais était le fruit d’une vengeance personnelle ». Wassyla raconte sa rencontre avec le meilleur ami de son défunt père qui, en larmes, lui raconte sa détention par la DST, les services secrets français. « Le FLN a tué ton ami Hafid » lui disaient les officiers. Ne les croyant pas, ils dirent simplement « Tu vas passer la nuit avec son assassin ». Se retrouvant dans la même cellule qu’un enfant d’à peine seize ans, l’ami du père lui demande « As-tu tué un homme ? » « Oui » « Quel était son nom ? » « Je ne sais pas » répondit l’enfant apeuré. L’adolescent lui explique qu’il voulait monter au maquis pour combattre et qu’on lui avait ordonné de tuer un homme pour pouvoir y aller. « Par fidélité à un homme de 49ans qui a été tué par un enfant de son pays sans savoir pourquoi », nous a répondu l’auteur, quant au sens qu’elle a voulu donner à sa vie. Elle s’est ainsi demandé pourquoi la violence était-elle assimilée à cette époque et de nos jours et a trouvé la réponse dans l’éducation qui inculque que « La violence est nécessaire et justifiable ». Ne voulant pas adhérer à cette thèse, Tamzali, comme Camus avant elle, estime que « La violence est nécessaire mais n’est jamais justifiable ».


Quant à la question de notre avenir, nous, lycéens d’aujourd’hui et citoyens de demain, « la révolutionnaire » nous propose d’« éclater notre bulle », qui nous protège d’une réalité, apparemment lointaine, que nous ne voulons pas voir. Et, nous dit qu’il y aura toujours des « petits cailloux » montrant le chemin comme au Petit Poucet, pour ne pas nous perdre dans les rouages du terrorisme encore fécond. Pour la question de l’espoir et de la foi en une Algérie libre, égalitaire et fraternelle et non une Algérie aux 30 millions de martyres, elle nous dira simplement « tout les fleuves se jettent à la mer ».

Propos recueillis par Chanez...





3 commentaires:

sat a dit…

Bonjour,

je connais que le nom de famille Tamzali par le biais de mon grand pere allah yerahmou, il me disait que c'etait de vrai bourgeois et non pas des begarras de nos jours.
le con de l'histoire algerienne alias ben bella disait dans l'un de ses discours "nedouhoum lel Hemama andaouboulhoum echahma" il parlait des notables d'algerie cela veut dire " les prendre au hamaman pour leur faire fondre leur graisse" juste pour comprendre l'etat d'ames de nos dirigeant je peut vous assurer que sont des complexes ils n'ont pas la classe ni le niveau et malheureusement cela n'a pas beaucoup change depuis, on disait men ahmed el ahmed donc de Ahmed "ben bella" a Ahmed "peut etre ouyahya" on aura tout vu avec ces ingrats.
Je vous remercie Mme Tamzali et je vous souhaite une longue vie, dumoins jusqu'a la chute de ce systeme pourri.
Cordialement
Rafik

sat a dit…

temoignage d'un algerien pour une famille algerienne exile par les ennemis de l'Algerie independante

youcef aouicha a dit…

Vous parlez la de bourgeoisie alors que 99% du peuple n arrivais pas à ce rassasier un jour il faut chercher y as quoi deriere cette bourgeoisie elle c est acquis comment par qu'elle moyen il étais qui tous c est bourgeois pour quoi la France les as gâter il avais des traitement de faveur .
En ce qui consernne l histoire de l enfant soi disant assassin de même pas16ans je vous signale que aux moment de l acte il avais 20ans dépasser il est née en 1937 l acte il as commis en 1957 à vous de soustraire .
Et en ce qui concerne l act vous dit que il devait assassiner juste une personne je pence que il as pas choisie aux hasard Mr tamzali Allah yeghferlou
Est en ce que vous affirmer que il as fait pour rejoindre le maquis je vous informe que c est un homme qui étais déjà aux maquis et de plus il résidais dans un village montagnard il habite allors à deux pat du maquis il avais pas à prendre un risque pour descendre en ville pour un examin de sélection il est juste descendu en mission il as accomplie ce que ont lui as ordonner de faire .
De plus j ai lus que le colonel amirouche Allah yerahmou à promis de tuer l auteur n essayer pas de changer l histoire le colonel amiroche étais un maquisard c étais pas un côlon et juste pour information le seul village ou le colonel amiroche Allah yerahmo enlever c est rangase est dormais à laisse c est bien le village de l auteur .
Alors je vous prie de bien réciter l histoire de l Algérie fait par les algérien telle que elle est n essayer pas de la changer .
Tahya el djazayer hora democratiya Allah akabar
Pour vous dire je suis le fils de l auteur qui est mon père je suis fière de lui de son parcourt si je doit le faire je le ferais mes frère l ont fait ont le fera toujours pour l Algérie